Chapitre 23

Serene dream
Soft easy winter
Watering the dry spots on the day
Water leaves of gray
Serene dream
Spend nowhere with me

(Kidneythieves – Serene Dream)


La maison était encore endormie, silencieuse. Seule Kim était éveillée, assise devant l'ordinateur de la régie, en pleine composition. Elle cherchait des effets électroniques pour Amnzer0, le morceau d'ouverture de l'album, un concentré de son artificiels, industriels, presque mécaniques. Elle fut rejointe par John, à peine levé et étonné de la trouver là.
« Deviendrais tu matinale, Kim ? Je ne t'ai jamais vu te lever aussi tôt...
_Non, juste contrariée
», répondit-elle sans quitter des yeux son ouvrage. John s'enfonça dans le siège de bureau à coté d'elle, le basculant en arrière pour être plus à l'aise, étant prévu à cet effet. Il s'étira avant de reprendre :
« Qu'est ce qui te contrarie ?
_On m'a demandé de témoigner au procès de Stan. Sympa comme rafraîchissement de mémoire.
_Il mérite que tu y ailles, et que tu l'enfonces comme il t'a enfoncé.
_Je n'ai aucune envie d'être encore confrontée à tout ça, John. Je veux laisser tout ça derrière moi...
_Comment a-t-on fait pour ne pas le savoir ?
se demanda le batteur, comme à lui-même. Il n'attendais pas forcément de réponse, mais elle lui en donna une.
_ Vous n'avez jamais demandé. Je ne veux pas me retrouver en face de lui et devoir balancer toute sorte de saloperie, alors qu'il aurait pu le faire pour moi, et qu'il ne l'a jamais fait. Aussi profond que je puisse le détester, je ne peux pas lui faire ça. Quand je ne me sentais pas bien, le seul qui m'apporté du réconfort, c'était lui. Il a toujours été là pour moi, même si ce n'étais que parce qu'il savait que je pouvais lui acheter de la drogue tout le temps. Tout le monde m'avait tourné le dos, sauf lui. Et Jim. Avant même que je n'aille en cure, Stan et moi avions commencé à bosser quelques chansons, comme ça. Jim a pensé que ça serait une bonne idée que je continue par la suite. Et à la sortie, Stan était encore là, toujours là. Toi et Mike êtes venus compléter le groupe après, personne ne vous a rien dit. Et ni Stan, ni moi n'avons rien dit au sujet de ces histoires de drogue.
_ Quand ton frère est intervenu, c'est là que nos relations se sont détériorées. Pour un revendeur, un junkie n'est rien. Mais un junkie qui s'en sort, c'est un moins que rien. Tu devrais le savoir mieux que personne. Voilà pourquoi il te méprisait tout le temps. Il t'a toujours utilisé. A ta sortie, il était toujours là dans l'espoir de te faire replonger. Tu lui a refilé la guitare que Jim t'avais offert pour de l'héroïne, il ne pouvait que l'utiliser avec toi, et en un sens contre toi...Ce n'est pas lui qui était là pour toi dans les moments difficiles, c'était la drogue. Bien qu'il t'ai toujours manipulé et empoisonner, tu es incapable de lui en vouloir. Tu ne devrais pas avoir peur de lui, Kim.
»

Peut être avait-il raison, peut être se voilait-elle la face pour ne pas voir qu'elle avait simplement peur de Stan. Les images de son arrestation lui revinrent en mémoire. Ses yeux pleins. de colère la fixant, sa voix dure la transperçant, la peur qu'elle avait ressentit...
Kim fit un effort pour se concentrer sur son morceau, pour chasser ces mauvais souvenirs.

***

Elle était assise face au piano, étudiant la partition du morceau qu'elle avait choisit. Il la contempla un instant. Pour lui, elle était semblable aux touches du piano sous ses doigts : fine, douce, la blancheur de sa peau contrastant avec ses longs cheveux, et à effleurer délicatement. Ville vint s'asseoir derrière elle, sur le même tabouret. Il dégagea le cou de la jeune femme pour l'embrasser. Kim se contenta de lui répondre du regard, avant d'attaquer son morceau, Sonate au Clair, de Beethoven. Ce compositeur était son préféré, celui qui accompagnait ses moments de détente, quand elle jouait et que son esprit se vidait au fur et à mesure que l'oeuvre avançait. La chanteuse vivait son morceau, respirant au rythme de la musique, ralentissant ou s'arrêtant avec les notes de son piano. Le jeune homme, les mains posées sur son ventre, pouvait sentir son mouvement suivre la partition. Il sentait la musique donner vie et souffle à celle qu'il tenait entre ses bras. Ville ferma les yeux, pour laisser venir à lui les mots cachés derrière les sons et qu'elle ne pouvait dire, pour saisir l'émotion et l'instant. Il se laissait allé, enivré par la musique et le parfum de Kim flottant autour de lui, l'enveloppant. La réalité s'imposa brutalement lorsque la musique s'arrêta. Il rouvrit les yeux, un peu déconcerté. La jeune femme s'appuya contre lui, s'enfonçant encore un peu plus dans ses bras entourant maintenant ses épaules.
« Est-ce que tu te souviens de cette lettre que tu m'as envoyé ? Tu parlais d'un nulle part possible, où les bombes seront des fontaines de vie, où nous n'aurons plus soif et plus mal, d'un lieu que tu ferais vivre par ta voix...J'aimerais que tu me le racontes. Je voudrais en entendre plus, demanda le chanteur.
_Mais, Ville, ce lieu existe déjà... Nous l'avons ici,dit-elle en regardant dehors, voyant les vagues les cerner et les flocons se perdre dans leur immensité. Ce lieu, c'est ici, là où rien d'autre ne compte que nous, loin du reste du monde qui se déchaîne. Pourquoi devrais-je le créer s'il existe, pourquoi l'entendre quand on peut le vivre ?
_ Parce que c'est justement toi qui le fais vivre, je ne serais jamais venu ici si ce n'était pas pour toi. Cette maison, cette île est vide et trop grande si ta voix n'y résonne pas...
»
Kim n'avait pas réellement pensé à faire une chanson de ces quelques lignes. Elle avait bien une idée de ballade dans la tête, mais a la guitare sèche accompagnée de quelques plages subtiles de piano par ci par là pour adoucir et donner une sensation de légèreté. Mais c'était quelque chose qu'elle gardait pour plus tard, elle avait déjà un morceau très calme pour l'album et ce n'était pas sa tasse de thé. Cependant, comme Ville insistait, elle se lança, jouant les accords de la guitare au piano et quelques notes éparses comme accompagnement, laissant sa voix faire toute la mélodie... Pour les paroles, elles vinrent naturellement, au fil de la composition, racontant de quoi leur monde était fait :
Serene dream Soft easy winter Watering the dry spots on the day Water leaves of gray...
Il y avait l'hiver, les flocons se posant pour former un tapis blanc, sur lequel venait s'évanouir les maux d'hier, recouvert par un manteau de neige, dissimulés. Oubliés quelques instants, comme lorsque ses doigts se posaient sur les touches, parfois cachant les noires, logées entre les blanches.
Serene dream Spend nowhere with me Isn't far to nowhere...
Même si ce rêve serein est irréel, il ne pouvait pas être loin, s'ils étaient ensemble.
Rise and feel the bombs of foutains land Close your eyes in front of nowhere Language of no words...
Mais il fallait tout de même se lever, et voir les bombes tomber sur cette terre de profusion, où tout jaillissait comme provenant de fontaines. Elles pouvaient tout détruire mais elles les frôlaient à peine. Il leur avait suffit de fermer les yeux devant leur terre dévastée pour la voir se reconstruire, sans mots, avec quelques notes.
Spend nowhere with me Serene dream Free of thirst and pain Heavy turns to cake...
Dans ce monde la faim et la douleur ne se ferait plus ressentir, toute difficulté s'écroulerait d'elle-même. Ils n'avaient qu'à être ensemble.
Serene dream Where the ethers speak...
Ensemble dans ce rêve serein, dans une partie supérieur du ciel, une partie reculée de entre terre et mer, là où l'air est plus pur et plus chaud, le monde d'Ether.

***

La musique s'arrêta. Ville releva la tête, alors appuyée sur l'épaule de la jeune femme. Dehors, deux enfants jouaient dans la neige. Killian, le fils de John en visite pour quelques jours, avait entrepris la construction d'un bonhomme, aidé tant bien que mal par la petite Olivia. Son père Linde les assistait. Le chanteur vit que les yeux de la jeune femme étaient posés sur eux. Leur monde était sensé être parfait, mais ils l'avaient dessiné pour deux. Il pouvait presque lire dans les pensées de sa compagne. Le jeune homme l'entoura de ses bras, la serra un peu plus contre lui comme pour la rassurer et chasser de mauvaises pensées. Pour Kim, leur monde n'était pas parfait. Il y manquait quelque chose.
Chapitre 23

# Posté le jeudi 31 mai 2007 15:35

Modifié le lundi 12 octobre 2009 20:14

Chapitre 24

Just one look into your eyes
One look and I'm crying

'Cause you're so beautiful

(HIM – Beautiful)

Chapit
re spécialement dédicacé à Jadeuy, groupiex80 de Jukka. (Si c'est n'importe quoi du début à la fin, prenez vous en à elle).

La nuit touchait à sa fin. Kim, subiss
ant le lourd poids du sommeil pas encore dissipé, gardait les yeux fermés pour profiter de chaque instant, pour rallonger chaque seconde passée dans la chaleur du lit avant que le réveil ne sonne, réveillant corps, âme et obligation. A côté d'elle, Ville était complètement endormis. La jeune femme se serra un peu plus contre lui et fit en sorte qu'il la prenne dans ses bras tout en étant inconscient. La chaleur du corps du jeune homme, la douceur de sa peau, son souffle régulier berçaient la chanteuse. Kim se laissait aller, l'esprit entre deux états. Mais elle fut brutalement tirée de son accalmie. Quelque chose d'humide, d'un froid glacial et perçant vint heurter sa peau et sa tête, lui arrachant un cri d'effroi, réveillant Ville dans un sursaut, embrouillant totalement ses sens. Il fallut quelque seconde au jeune homme pour analyser la situation. A Kim aussi. Elle porta la main à ses cheveux, rencontra cette matière gelée, se redressa brusquement, aussi droite que possible, criant : « Mais c'est quoi ça ? »
Ses y
eux tombèrent alors sur un homme hilare, se tenant dans l'encadrement de la porte, dont le rire fut bientôt rejoint par un autre à sa gauche, celui de Ville. Ce dernier réussit à lui dire, entre deux éclats : « Ce n'est que de la neige, Kim. Tu sais, ce truc que tu aimes tant...Je crois que tu vas moins l'aimer maintenant...Tu aurais du voir ta tête ! » L'homme à la porte continuait lui aussi à se tordre de rire.
La chanteuse exp
losa : « Jukka, bordel ! Je vais te tuer, avec tes blagues à la con !
_Commence déjà par...par...
» Il ne réussit pas à finir sa phrase tant il riait. La jeune femme se rendit compte de ce dont il voulait parler. A moitié nue, elle remonta le drap sur elle, rouge de honte.
Le guitariste s'empara du sceau qu'il venait de vid
er et s'en alla en laissant éclater son enthousiasme à travers tout l'étage : « Aller on se dépêche de se lever, c'est partit pour Pariiiiiiiiiis ! »
Ville riait
toujours, tout en se débarrassant de la neige qu'il avait reçu. Kim s'offusqua : « Et toi, tu ne dis rien ! Il m'a vu a moitié déshabillée, je te signale !
_Bah,
il en a vu d'autres !
répliqua le chanteur, ironique.
_
Permets moi d'en douter...
_Et bien, ça lui donnera
peut être envie de s'y mettre !
»
Faute d'avoir son
guitariste sous la main pour l'étriper, la jeune femme se contenta de saisir son oreiller et, sans même le regarder, le planta droit dans la tête de Ville, vexée.

***

Le chanteur se doutait bien que se voyage ne se
rait pas de tout repos, ils allaient à Paris pour affaire. Les membres d'Enema devaient y rencontrer divers hommes d'affaires pour le nouveau contrat qu'ils allaient signer afin de sortir leur second album. Mais Ville avait tout de même accepté, pour faire une pause dans l'enregistrement de l'album de HIM et être avec Kim. A peine arrivé sur le sol français, ils avaient foncé dans un restaurant à la demande de la chanteuse, adoratrice des stéréotypes culinaires de ce pays qui l'avait vu naître. Pour cause, elle n'avait pas peur de se heurter à l'incompréhension de ses camarades la voyant avaler des escargots à une heure pareille de la soirée. La discussion à sa sujet s'interrompue brusquement lorsque Jukka s'excusa et sorti de table. La jeune femme s'empara de la canette du guitariste en déclarant : « Après ce qu'il m'a fait ce matin... Tous les coups sont permis. » Elle cracha dans la bouteille, avant de la faire passer aux deux autres membres du groupe qui en firent autant avant de la remettre à sa place. Ils attendirent son retour en essayant de faire comme si de rien n'était, mais ne purent s'empêcher de le regarder avec un grand sourire ridicule lorsqu'il se rassit, attendant qu'il commette l'acte auquel ils s'attendaient. Jukka s'exécuta, arrachant quelques pouffements à Ville, vite rappelé à l'ordre par une tape de Kim sur sa cuisse. « Elle a un goût bizarre cette bière. » déclara platement Jukka avant de se replonger dans son assiette.
Pour éviter de se faire coincer, John lui demanda ce
qu'il faisait à la table voisine quelques minutes plus tôt. Le guitariste répondit avoir flashé sur la petite brune qui y était assise. Sans gène comme il était, Jukka lui avait noté l'adresse de leur hôtel, le San Régis, dans le quartier des Champs Elysées. Encore une qui allait se payer une nuit de plaisir dans un hôtel de luxe aux frais de la princesse et qu'ils croiseraient dans les couloirs le lendemain, essayant discrètement de s'éclipser après coup. Vu les évènements qui se produisirent à peine arrivés, Ville se demandait ce qu'ils allaient bien pouvoir encore inventer pendant ces deux jours à Paris.
L'hôtel était luxueux, 4 étoiles. I
l disposait d'une suite avec entrée, salon, chambre et salle de bain privée pour lui tout seul, le tout richement décoré dans le style Empire, chargé, propre, soigné, fleuris à volonté et confortable à souhait, comme les autres membres du groupe. Enfin tout seul, non. Jukka esquissa un sourire à la vue de la jeune femme qu'accompagnait un groom. Il n'aimait pas passer ses nuits seul, et encore moins ruiner ses chambres d'hôtels tout seul. Elle s'appelait Jade, une petite brune aux yeux marron et rieurs, et aux traits chaleureux. La française* n'eut qu'à lui susurrer au creux de l'oreille « J'adore votre musique... », mais même sans cela, il en aurait fait son affaire...
L'air frais de ce petit mat
in d'hiver entrait par la porte-fenêtre ouverte. Ce fut la première chose que Ville sentit sur sa peau en sortant de la salle de bain, déambulant sur la moquette les pieds nus, cachés par le bas évasé de son pantalon de cuir moulant**, au rythme de la musique jouée doucement par la chaîne stéréo. Malgré la fraîcheur saisissante, il trouva Kim sur le balcon, en train de prendre un copieux petit déjeuner typiquement français alors que lui se contentait d'un café. « Tu vas prendre froid , lui dit-il en couvrant ses bras nus des siens et en déposant un baiser sur sa joue.
_
Avec le climat finlandais, je commence à être habituée. Et puis je n'ai pas pu résister à cette vue... »
Sous leur pieds s'éte
ndaient les toits de Paris, dont celui de l'Opéra de Paris, ceux de Montmartre, la verrière du grand Palais, la tour Eiffel un peu plus loin et à sur le balcon à leur gauche...Jukka. Il semblait grandement occupé à jeter son petit déjeuner par petits morceaux sur une Jade hilare, bouleversant la tranquillité de cette heure matinale. S'en trouvant dérangée, Kim saisit un yaourt sur la table, l'ouvrit et s'arma d'une petite cuillère pour le projeter sur ces bruyants voisins. L'aliment vint s'écraser droit sur le visage de Jukka, qui s'immobilisa, interloqué. Le temps de comprendre ce qui venait de se passer et de trouver comment se venger, Ville avait déjà tiré la chanteuse à l'intérieur avant qu'ils ne reçoivent un quelconque projectile. Amusée, elle garda la main du jeune homme dans la sienne, et l'attirait à travers la pièce, dansait autour de lui et chantait cette chanson qui avait marqué son enfance.
«
Une folle farandole Nos deux mains restent soudées Et parfois soulevés Nos deux corps enlacés s'envolent Et retombent tous deux Épanouis, enivrés et heureux...*** » Il savait que Kim chantait ces mots pour lui, pour eux, même s'il ne les comprenait pas. Cette vision l'attendrissait, il respirait l'allégresse de Kim, légère comme le rythme de cette musique au son de laquelle elle l'entraînait, ses yeux bleus pétillants, ses cheveux volants autour d'elle, la lumière teintée du jaune des rideaux donnant une couleur chaude à sa peau. Ville finit par l'attirer et la garder contre lui pour l'embrasser, et lui dire : « J'aimerais beaucoup répondre à tout cela, si je comprenais le français...
_Tu n'as pas bes
oin de comprendre, tu sais très bien ce que je veux dire
», répondit-elle avec un sourire malicieux avant de se défaire de son étreinte pour couper la chanson avant la fin et s'enfermer dans la salle de bain. Le groupe s'était bien amusé la veille et encore au réveil avec ses idioties puériles, mais tous savaient qu'ils devraient être sérieux d'ici peu. Le reste de la journée s'annonçait pesant comme jamais, puisqu'elle consistait en une réunion sans fin avec les représentants de leur potentielle future maison de disque.

***

«
Cet album, c'est comme ouvrir ma boîte crânienne et y lire tout ce qui s'est passé, tout ce que j'ai vécu et ressentit. Et comme je le dis dans Layers, sur l'album à venir, je m'étais échappée dans une drogue qui n'a pas duré assez longtemps. Maintenant j'utilise mes doigts pour créer, et pour aimer... » Elle ne regardait pas le journaliste devant elle en disant cette phrase, mais Ville assis sur un canapé un peu à l'écart, lui aussi les yeux plongés dans ceux de la jeune femme. Il lui sourit. Le chanteur n'attendait qu'une chose, que ces interminables interviews finissent en fin. Il avait passé la journée dans la suite à la regarder leur parler, passant du français à l'anglais avec une aisance remarquable, à écouter son léger accent lorsqu'elle parlait français, hérité de longues années aux Etats-Unis et rythmant sa voix posée et mélodieuse. Son doux roulis reposait Ville et le faisait craquer encore plus, il voyagerait n'importe où pour l'entendre parler cette langue, même s'il ne pouvait la comprendre entièrement. Le journaliste partit enfin, et son unique souhait de la journée fut enfin exaucé, la prendre dans ses bras. « Encore un comme ça et je l'égorge pour tous les autres, ironisa Kim en s'enfonçant dans le canapé pourpre aux côtés de Ville.
_
Qu'est ce qu'on fait maintenant ? demanda le jeune homme. Elle avait compris le sous-entendu, et prit un malin plaisir à le contrecarrer.
_
Tu me joue quelque chose... »
Le chanteur s'empara de sa g
uitare sèche avec laquelle il voyageait toujours. Les plus belles images de Kim ces deux derniers jours emplissait encore sa tête. Le thème de la chanson ne fut pas dur à trouver :
«
Just one kiss and I'm alive One kiss and I'm ready to die 'Cause you're so beautiful...






* Je me suis retenue de mettre « La chamoniarde » XD
** Alors, heureuse Jadeuy ? (keuchonne va)
*** Je la dédicace à Cucendron celle là ^^
J'oubliais de préciser : JADE CA VAUT UN ARTICLE DE PUB ET D'IDOLATRIE SUR TON BLOG

# Posté le samedi 09 juin 2007 13:41

Modifié le samedi 09 juin 2007 14:02

Chapitre 25

Chapitre 25
« From lashes to ashes
And from lust to dust

It's heartache every moment
With you
Deeper into our heavenly suffering
»
(HIM – Heartache Every Moment)

Le bruit sourd du déclencheur fut le seul à venir perturber discrètement le silence. Kim était assise entre le canapé et la table basse en verre, sur un épais tapis, une jambe repliée sous elle, buvant. La jeune femme était à contre jour, devant une fenêtre à travers laquelle passaient les rayons d'un soleil levant qui constituait la seul source de lumière et inondait la pièce d'une teinte orangée profonde. La faible lueur de la bougie sur la table faisait écho à la couleur de feu venant de l'extérieur, ce qui créait de forts contrastes du à l'angle de la prise de vue. Jim connecta l'appareil avec lequel il était venu sur l'ordinateur portable posé un peu plus loin sur le tapis, et montra la photo à sa s½ur. C'était son seul moyen de communiquer avec elle lorsqu'il savait qu'il avait eu tord, qu'il avait eu la mauvaise réaction, et qu'il ne savait pas s'excuser, sachant très bien qu'elle ne renouerais pas d'elle même. Il n'avait trouvé que cela, lorsque le lien était rompu, ou que Rose n'était pas là, entre eux deux, pour les comprendre et leur faire accepter leurs différents points de vue et arranger les choses. Rose...Kim se souvint de ses mots lors de leur dernière conversation téléphonique. C'est elle qui lui avait dit de faire venir Jim, parce qu'il ne pouvait pas resté brouillés éternellement, et puis parce qu'elle disait vrai. Rose était la stabilité et la raison entre leurs deux tempéraments impulsifs et inconstants, guidé par leur sentiments et l'instant présent. Elle était aussi la compréhension même, à toujours chercher des raisons et des excuses à chacun. Mais leur petite s½ur était restée à Los Angeles, alors ils devraient recréer un lien, tous seuls. La photo dégageait un sentiment de calme, de sérénité et une grande chaleur. C'était ce que Jim voulait qu'ils retrouvent et Kim finit par l'accepter. Ils discutèrent de tout et de rien, mais surtout de la vie de Jim ces derniers temps. Il avait déménager en banlieue, en dehors de New York même, dans un quartier résidentiel tout ce qu'il y a de plus bourgeois, dans une maison à l'architecture sobre mais très moderne, selon ses dires. Le déménagement s'était fait très rapidement, mais cela pris plus de temps qu'il n'en fallut au couple pour se marier et attendre un enfant. La chanteuse n'en revenait pas. Elle ne savait pas ce qui la choquait le plus, c'était peut être de s'imaginer son frère marié, fidèle et bon père de famille dans sa banlieue chic en bon américain moyen qui se respecte. Ca n'avais jamais été le genre de Jim, et ca ne le serais jamais.
« Je ne te connaissais pas un goût pour le conformisme, Jim...
_Non mais tu connaissais mon goût pour les soirées bien arrosées peut être...J'en ai fais un peu trop ces derniers temps.
_C'est un peu gros pour mettre tout ça sur le dos de l'alcool, Jim ! Ne te comporte pas comme un adolescent qui a fait une connerie, c'est plus important que ca ! On dirait que ça t'amuse !
_Je crois que moi et Hazel étions tous les deux HS quand tout ça c'est produit... C'est nous qui sommes dans la merde et c'est toi qui panique... J'aime cette vision des choses.
_Je crois que je vais aller me coucher, sinon je ne vais pas m'en remettre...
»
Kim avait passée la nuit avec John et Eicca Toppinen d'Apocalyptica qui était venu tout spécialement pour ajouter une touche de violoncelle sur « Serene Dream ». C'était une idée de Jukka, comme celle de tenter avec l'aide du violoncelliste de casser un archet sur la tête de sa petite amie Jade. La chanteuse n'avait pas dormis de la nuit, et son frère lui annonçait ce genre de chose avec une désinvolture épatante. Il savait toujours choisir son moment.

***
« Tu croyais qu'on t'avais tout fais voir en tournée, mais Kim et Jukka vont te dégoûter du métier ! » lança Mige au tour manager qu'avait dépêché Seppo pour partir avec Enema. C'était lui qui avait repris la carrière du groupe en main, pour que les membres n'aient pas à s'occuper de l'organisation sur leur tournée qui était sur le point de commencer.
Toute la petite communauté de musiciens s'affairait à charger le bus de valises et à ranger diverses choses ça et là. Etant sur place, ils commençaient avec une tournée dans toute l'Europe pour enchaîner directement avec les Etats Unis, ce qui s'avèreraient plus long et épuisant. De longs mois sur la route faisait partis de la vie de musicien, Ville le savait lui même très bien, mais il avait tout de même bien du mal à la laisser partir. Ce serait son tour dans quelques mois, jouer et voyager lui occuperaient donc assez l'esprit pour moins penser qu'elle lui manquerait terriblement, mais pour le moment il voulait savourer ces derniers instants d'intimités avec elle, seuls tout au fond du bus, dans la partie salon, cernés de canapés disposés autour d'une table et face à un téléviseur accroché juste au dessus de la porte. Il avait regardé pendant de longue minutes la jeune femme ranger l'intérieur à sa convenance, s'installer, prendre ses repères et imprégner le lieu de sa présence. Ville n'avait pu retenir son désir de la sentir dans ses bras, contre lui, lorsque les premières notes de « Need You Tonight » d'INXS retentirent. Lui murmurer les paroles de la chanson à l'oreille de façon provocante avait été trop tentant. La jeune femme se tenait dans l'allée du véhicule, dans la partie des couchettes située juste avant l'espace salon. La fine taille du chanteur se dessina dans l'encadrement de la porte. Son regarde interpella la jeune femme :
« Qu'est ce qu'il y a, Ville ? » Cette question l'amusa. Il lui fit son sourire à faire tomber n'importe qui avant d'attirer son dos contre lui et de l'emmener dans la partie salon, tout en mettant son plan à exécution, les lèvres à son oreille :
« Slide over here, And give me a moment, Your moves are so raw, I've got to let you know, I've got to let you know, You're one of my kind... » Il ponctuait la mélodie de baisers dans le cou de la chanteuse qui ne semblait pas s'en plaindre, se laissant patiemment faire.
« I need you tonight...'Cause I'm not sleeping... » Sa voix se fit plus basse encore, plus murmurée et sensuelle...
« There's something about you girl...That makes me sweat » Et plus provoquante aussi sur ces lignes, plus insistante... Kim avait enfin pu se retourner et le regarder, face à face. Il jouait avec le premier bouton de sa veste cintrée, contre sa poitrine. Elle se mordit un coin de la lèvre inférieur, faussement gênée, et lui rendit son regard aguicheur. La jeune femme voulu elle aussi avoir voix dans cette chanson :
« How do you feel ?
_I'm lonely...
_What do you think ?
_Can't take it all...
_Whatcha gonna do ?
_Gonna live my life...
»
Ville était bloqué entre Kim et la table. Elle avait une main posée sur la surface plane de chaque côté de son corps. Il n'avait pas prévu ce cas de figure, et cette dernière réplique allait être difficile à mettre en ½uvre s'il ne pouvait se libérer. Le chanteur eu la possibilité de se redresser lorsqu'elle retira ses mains de la table. Il en profita pour se mettre bien debout et se rapprocher de la jeune femme. Son corps enlaçait et dominait celui de Kim. Le refrain repris. Il lui soufflait toujours ses mots à l'oreille, doucement. Il pouvait sentir celui de sa compagne accélérer dans son cou. Ses mains allaient et venaient le long de son corps. Il pouvait sentir celles de la jeune femme dans son dos, se tenir à son t-shirt puis passer en dessous, se promener le long de son torse.
« Your moves are so raw...I've got to let you know...lui murmurait-il.
_ I've got to let you know...You're one of my kind. » C'est elle qui avait clôturé le bal. Elle avait repris les choses en mains. Ville était plaqué sur la table, Kim au dessus de lui, une mais de chaque coté de sa tête, un genoux de chaque côté de son corps.
« On s'amuse bien, monsieur Valo ? » lança-t-elle vicieusement. Il ne pris même pas la peine de répondre tant il voulait savourer ces derniers instants avec elle avant longtemps.
« Où sont Kim et Ville ? s'inquiéta le tour manager.
_En train de tester les couchettes du bus ! » répliqua Jukka.
Peu leur importait les autres tout autour du bus qui venaient de finir de le charger.

***
La quitter lui brisait le c½ur, mais il savait qu'il le faisait pour une bonne raison. Penser à tout ces bons souvenirs, ceux qu'ils créaient en se quittant et en se retrouvant l'aidait tout de même à surmonter cet instant délicat. Ville savait que c'était pour vivre sa passion à elle, mais aussi la sienne, celle qui les unissait. Ainsi, il décida que se remettre au travail était la meilleure chose a faire immédiatement après le départ de Kim. Ils travaillèrent sur un morceau que Ville avait écrit pour elle, une fois de plus. C'était un tableau fidèle de leur relation, de ce qu'ils vivaient. Il y avait des hauts et des bas, ils avaient sans cesse le c½ur brisé, mais ils continuaient, c'était parce qu'ils le voulaient, parce que leur tourment était plus doux, lorsqu'ils étaient ensemble... A chaque instant leur fragile équilibre pouvait voler en éclat, avec leurs personnalités fortes, leurs sentiments profonds mais aussi le monde extérieur qui parfois s'acharnait, le milieu dans lequel ils travaillaient qui s'avérait sans pitié.
« And from lust to dust...In your sweetest torment...I'm lost »

# Posté le mardi 26 juin 2007 09:11

Modifié le jeudi 28 juin 2007 06:57

Chapitre 26

« So keep on pretending
Our heaven is worth the waiting
Keep on pretending it's alright
So keep on pretending
It will be the end of our craving
»

Une tournée : le plaisir d'être sur scène, de retrouver les fans, de leur offrir sa musique et les sentiments qu'on y a mis, transmettre son message, être écouté, parcourir le monde pour le découvrir. Mais aussi la fatigue, les imprévus, le harcèlement des journalistes, les questions incessantes, les mensonges pour y répondre. C'est ce qu'avaient du affronter les membres d'Enema dés le début de cette tournée, qui venait à peine de commencer. Kim devait toujours dire qu'elle ne souhaitait pas répondre aux questions sur sa vie privée, ou mentir en disant qu'elle n'avait pas le temps de penser à ses proches avec tout son travail, que Ville ne lui manquait pas. Bien sur, sa joie de retrouver la scène était intact et plus fort que tout, car elle adorait cela, mais les journées trop longues et les nuits trop courtes ne l'empêchaient pas toujours de penser que ceux qu'elle aime sont loin. Les moments où ils oubliaient vraiment tout, c'étaient après le show, quand l'after prenaient place et que la fête battaient son plein, et aussi quand venait le repos bien mérité et tant attendu, après une longue journée de voyage, d'organisation et surtout après avoir tout donné sur scène. C'était après une de ces soirées qu'il l'avait trouvé, plongée dans un profond sommeil, dans une chambre d'hôtel certes hors de prix mais en désordre. Son grand lit trônait au milieu des vêtements, intact et bien fait, comme celui d'une princesse. Elle en avait tout l'air, avec ses longs cheveux étendus sur les oreillers, son souffle régulier, ses yeux clos et son visage si serein, comme si rien ne pourrait venir troubler ce spectacle qu'il avait sous les yeux. Ils avaient ensuite pris la route, sans avertir qui que ce soit, pour oublier l'espace de quelques heures l'agitation ambiante et se retrouver. La route les avait conduit jusqu'à la mer, loin du tumulte de Londres, où Ville venait mixer l'album et Kim donner un concert. Il n'y avait qu'eux sur cette petite plage déserte, où le vent balayait tout et poussait les vagues à se briser sur les rochers. Elle était assise sur le sable, la tête de Ville sur ses genoux, caressant ses cheveux.
« A quoi tu penses ? demanda la chanteuse devant l'air songeur du jeune homme.
_La mer...Ca me rappelle le soir de notre rencontre...
_Tu es nostalgique de cet époque ?
_Non, mais si je pouvais remonter le temps, je serais là chaque fois que tu as eu besoin de moi.
Un tendre sourire se dessina sur les lèvres de la jeune femme.
_ Mais j'ai tout le temps besoin de toi ! Même si je sais que c'est impossible...
_ Alors quand je te manque trop, regarde la mer. Elle sera comme un lien entre nous deux, les vagues nous porterons tout ce que nous voudrions nous dire, car je serais toujours de l'autre côté.
Il se releva pour la prendre dans ses bras, comme pour appuyer ses paroles. Ville écarta délicatement les cheveux de Kim avant de l'embrasser. Je te le promets... »

***

Les gouttelettes d'eau volaient en éclat tout autour de John à chaque coup de baguette sur les fûts. Le liquide ruisselait aussi sur les deux autres membres et leurs instruments, s'éparpillant lorsqu'ils jouaient. Kim se tenait devant eux, face à un micro vintage, au design des années 50, dans une courte robe d'un blanc immaculé. Ses premiers mots raisonnent. Gros plan sur son visage. Elle n'est pas encore mouillée, mais cela ne saurait tarder. La moitié du couplet fut chantée devant les musiciens, avant qu'elle ne commence à descendre les marches lentement, une à une. Chaque nouvelle phrase chantée la voyait s'enfoncer un peu plus dans l'eau, jusqu'à ce qu'elle soit de plein pieds dans la piscine pour le refrain. Le groupe jouait en arrière plan avec une énergie féroce. Kim chantait en regardant droit devant elle, déterminée, son micro toujours bien en main. Puis elle le jeta. Elle continua a chanter tout en avançant un peu plus dans l'eau transparente, tournant ça et là, jouant du regard. La jeune femme lâcha les derniers mots du refrain, percutants, puis l'on revit une baguette tomber sur un fût, pour lancer le refrain. Kim était maintenant bien avancée dans les profondeurs, seul sa tête sortait de l'eau. Cela ne l'empêchait pas de continuer de jouer du regard, de ressentir la musique qu'elle interprétait et de bouger avec elle. L'instant d'après, elle était revenue vers le bord, là ou la profondeur était moindre, interprétant le début du pont du morceau. La jeune femme était de profil, adossée au carrelage froid, un bras levé au dessus de sa tête, s'agrippant au bord. Les yeux fermés, elle se laissait ailler à un chant aérien avant des les rouvrir. La musique rythmée reprit et elle balança ses derniers mots de manière provocante, comme une invitation à venir la rejoindre, à avoir aussi des vêtements quasi transparents, collant au corps comme sa robe et ces mots qu'elle chantait tous les soirs à en perdre son âme. Les musiciens réapparurent un court instant, pour quelques secondes d'instrumental, avant que n'arrivent ces notes étouffées et ondulantes, comme lorsque que l'on est immergé. Kim l'était justement, en train de nager sous l'eau, entre les minces faisceaux de lumière qui passaient ça et là. Elle y chanta aussi quelques phrases. Puis le rythme s'emballa, le morceau reprenait de plus belle. La jeune femme sortit subitement de l'eau, comme propulsée. L'eau glissa le long de son corps, elle remit ses cheveux en arrière, et une horde d'inconnus se jetèrent au même instant dans l'eau avec elle, tout habillés. L'agitation était partout, mais le groupe continuait de jouer. La foule dansait, remuait en tout sens, l'eau giclait, et Kim se frayait un chemin à travers eux, de l'eau jusqu'au bassin, continuant à chanter et même à danser dans cette sorte de transe collective. Ils avaient répondu à l'invitation, alors le refrain reprit, voilà pourquoi ils étaient déchaînés. La musique s'arrêta. Il ne restait plus que la voix de Kim. On pouvait voir à ce moment une télé posée sur un plateau, roulant à l'entrée de la piscine. L'image y était saccadée, des grésillements et des parasites venaient parfois cacher cette femme ravissante qui récitait le texte samplé à la fin du morceau.
« That you're alone, and you're lost in a forest...And no one is giving you the fucking map... and where the hell are you ? ... Except that you can't go back... Because you will be doing something...Just have to go forward... »

Des fans du groupe discutaient vivement, aux quatre coins du plateau où se tournait le clip de Dyskrasia. Le lieu choisit étaient celui d'une usine allemande reconvertit en piscine. Un grand bassin se tenait au milieu d'eux, dans un décor d'acier, très industriel, à l'extérieur. L'endroit collait parfaitement avec le style de musique du groupe, et surtout l'histoire de cette chanson. Le silence tomba d'un coup lorsque les membres d'Enema arrivèrent. Ce genre d'entrée était tout à fait dans le style de Kim, tandis que Mike ne savait pas où se mettre, John cherchait un technicien pour se renseigner et Jukka fonçait droit sur le buffet. Les fans ne mirent pas longtemps à reprendre leur agitation alors que la chanteuse se mêlait de nouveau à eux, comme il se devait, pour les remercier d'être venus et de s'être eux aussi mouillés pour la vidéo.

***

Même si sa position n'était pas très confortable, il pensait qu'enfin personne ne viendrait l'embêter ici, que rien ne pourrait troubler son sommeil. La seule personne qu'il avait croisé dans le couloir en quittant sa chambre était Mige. Il avait prétexté une promenade puisqu'il n'arrivait pas à dormir, mais Ville se sentit stupide d'avoir menti à son vieil ami pour cela. Il savait bien que le bassiste ne le jugerait pas, mais dans le doute il avait préféré se trouver une excuse. Le chanteur s'endormit en pensant qu'il pourrait rattraper son mensonge le lendemain si on venait à lui poser des questions, mais qu'au fond ce n'était pas si grave que cela. Le jeune homme n'avait cependant pas pensé que ledit lendemain, Mige le chercherait dans sa chambre et partout dans l'hôtel, sans le trouver. En dernier recours, le bassiste fit le tour de quelques chambres, dont celle où se trouvait Ville. Ce n'était pas la sienne, et l'autre finlandais s'arrêta net sur le pas de la porte. Il put discerner dans le lit, à la droite du chanteur, une masse de longs cheveux châtain clair...

# Posté le lundi 30 juillet 2007 17:03

Modifié le jeudi 02 août 2007 15:10

Chapitre 27

Ce chapitre lance définitivement ma carrière dans l'écriture de romans Arlequin XDDDD

Chapitre 27

« We are like the living dead
Sacrificing all we have
For a frozen heart and a soul on fire
We are like the living dead
Craving for deliverance
With a frozen heart and a soul on fire
»

(HIM – Soul On Fire)

Ils décampèrent après le petit déjeuner, pour une nouvelle destination. Le bus devrait encore avaler des kilomètres de route jusqu'au lieu du prochain concert, ce qui signifiait que Ville devrait supporter les commentaires de ses camarades pendant tout ce temps. Il ruminait seul dans son coin en chargeant ses bagages dans la soute, pensant qu'il devait pas s'emporter, puisque après tout cela semblait amuser Mige et Gas. Le chanteur se disait justement qu'il avait de la chance que tout le groupe ne soit pas au courant, lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. C'était Linde. Ville sut tout de suite ce que le guitariste avait à lui dire.
« D'accord, Ville, commença le blond, j'admets que dans un groupe il faut faire en sorte que les nouveaux membres soient bien intégrés et se sentent bien...Mais de là à coucher avec le nouveau claviériste... »
Le jeune homme soupira, ce qui fit éclater de rire son interlocuteur sur le champ. Si même Linde s'y mettait, ça ne finirait pas avant la fin de la tournée. Ville avait certes un bon sens de l'humour et savait faire preuve d'autodérision, mais après avoir subi des heures et des heures ce genre de remarques, c'en était trop.
« Je le répète, je n'ai pas couché avec lui, j'ai juste DORMI parce que les occupants de la chambre à côté de la mienne faisaient un vacarme d'enfer, et que le seul à m'avoir gentiment ouvert sa porte était Burton !
_Oui, c'est ce qu'on dit... Ne t'inquiète pas, je ne dirais rien à Kim
!
»
Il ne manquait plus que ce sujet sensible pour mettre définitivement à zéro sa bonne humeur. Chaque fois que ce prénom était prononcé, que sa musique était jouée, Ville ne pouvait que mesurer à quel point Kim lui manquait.

***

La lumière était tamisée, juste assez pour faire luire les gouttelettes de sueur perlant sur sa peau, suivant le long des courbes de son corps. Ville brûlait, et ce n'était pas seulement la chaleur du sauna.
There's a flame that leads our souls astray...
Kim suivit le chemin d'une de ces gouttes sur le torse de son amant, du bout de son doigt. Puis elle traça les lignes du S tatoué autour de son téton.
No one's safe from its tender touch of pain...
Il était plongé dans ses yeux bleus. Il était captivé.
And every day it's looking for new slaves
Elle se mordit légèrement le coin de la lèvre inférieure, sachant qu'il adorait cela. Et il ne put résister, il l'embrassa. Ils n'avaient pas besoin de mots pour se comprendre.
To celebrate the beauty of the grave...[/i]
C'était la fin. La fin de longs mois séparés, à passer des nuits sans fin sur la route, seuls. Bien sûr, ils n'étaient jamais à court de travail, des journalistes les attendaient encore, des fans aussi pour quelques dates...
We are like the living dead
Sacrificing all we have
For a frozen heart...

...Mais le plus gros était passé. La distance et la séparation étaient maintenant derrière eux pour un bon moment. Maintenant, ils pouvaient se retrouver. Souffler, et se couper du monde, comme ils aimaient tant le faire, au calme d'Helsinki. Maintenant, ils ne faisaient plus qu'un, dans la chaleur du sauna de leur maison.
...and a soul on fire.
Ils se serraient, s'embrassaient, se touchaient plus désespérément que jamais, plus intensément qu'avant leur départ, peut-être par peur qu'on ne leur reprenne ce qu'ils venaient de retrouver.
We are like the living dead
Craving for deliverance...

Unis, ils étaient comme tous les éléments d'un morceau de musique, ils étaient la musique, formant un tout. Les battements de leur c½ur étaient une rythmique endiablée, les frôlements de leur peau comme des riffs de guitare acérés, leur souffle comme autant de mots qu'ils s'échangeaient, saccadés. La basse raisonnait sous le toucher de leurs doigts. La partition s'écrivait au fil de leurs va et viens, une fois de plus.
And again we're falling for disgrace...
Ils mordaient à pleines dents dans le petit monde qu'ils s'étaient créé. Ils s'y avançaient, s'en rapprochaient un peu plus chaque seconde, loin de tout, loin du réel...
And hate will shelter us from the rain...
...Même si cela faisait un peu mal, comme lorsque Ville mordillait les lèvres de Kim. Où lorsque Kim enfonçait un peu plus ses doigts dans le dos de Ville. Et encore lorsqu'ils se retenaient de trop ébruiter leurs affaires...
We are enslaved by the sacred heart of shame...
Et l'eau qui perlait sous ses yeux bleus et qui en descendait était comme des larmes, de bonheur ou de plaisir, sublimée par la faible lumière orangée.
And gently raped by the light of day...
Il sentit le dos de Kim s'arquer sous ses mains. Son corps fit de même, comme si ensemble, ils s'élevaient vers un même point, quelque chose de trop haut qu'ils cherchaient à atteindre, et qu'ils venaient de toucher.
Craving for deliverance...
Leurs lèvres restèrent scellées de longues secondes. Le temps des derniers spasmes, des derniers sursauts de plaisir. A chaque spasme, leurs souffles se mêlaient et les reliaient un peu plus. Ils pensaient ne jamais réussir à se détacher l'un de l'autre.
With a soul on...Soul on...Soul on Fire.
Finalement, ils revinrent presque sur terre. Ville et Kim étaient toujours collés l'un contre l'autre. La tête contre son torse, elle savourait ce moment, et lui aussi. Ce moment où ils étaient ensemble, ou rien ne pouvait les séparer. Puis la chanteuse se redressa. Le chanteur ne voulait pas se détacher d'elle. Il vint poser sa tête contre sa poitrine, pour écouter son c½ur battre encore un peu fort. « Mon ange, reste près de moi... » lui souffla-t-il en mettant sa main dans la sienne, les yeux rivés sur ces c½urs l'un contre l'autre. Elle aussi avait ce petit c½ur tatoué sur son poignet, et une fois sa main dans la sienne, ils coïncidaient.
Addicted to our divine despair...

***

« Mesdemoiselles, je vous présente le futur plus bel homme du monde, un sex symbol en puissance, Logan Manson ! Evidement, il a tout de moi, c'est indéniable. Je tenais tout de même à remercier chaleureusement cette très chère Hazel Paterson sans qui rien de tout cela n'aurait été possible, et pour son long et difficile travail pendant 9 mois. Mais sachez que je n'y suis pas pour rien non plus, même si cela ne m'a pris que 10 minutes.
_Enfin tu avoues que tu as des problèmes en dessous de la ceinture, Jim !
lança Hazel du fond de son lit, encore à moitié endormie.
La petite assemblée éclata de rire. Jim sortit un appareil photo qu'il jeta directement dans les mains de son assistante pour immortaliser l'instant. La chanteuse était assise à l'autre bout de la pièce, observant silencieusement tout ce monde s'agiter. Gina et Hazel partageaient leur expérience de l'accouchement, John donnait quelques conseils à Jim qui n'écoutait que d'une oreille, et Rose montrait le nouveau né au petit Killian. Une fois l'attrait de la nouveauté passé, le garçon vint s'asseoir sur les genoux de la jeune femme et embrasser sa joue. Cela attira l'attention de son frère. Jim vint s'asseoir à côté de Kim et, comme Killian, il l'embrassa.
« Je suis heureux que tu sois là...Je sais que Ville n'a pas pu être présent, mais j'aurai voulu qu'il vienne, malgré tout... ». Jim n'avait pas été tendre avec le compagnon de sa s½ur, mais il semblait avoir finit par l'accepter. Cela la rendait heureuse aussi. Avec Logan, quelque chose de nouveau commençait, une nouvelle vie, balayant le passé et ses mauvais souvenirs.

# Posté le samedi 11 août 2007 18:48

Modifié le dimanche 12 août 2007 15:45