and I'm ready to take your
six six six in my heart"
(You sweet 666)
Elle se mit à hurler, hystérique :
"Tu n'es qu'un salaud ! Je t'ai fais confiance, Ville ! Et j'apprends que tu me trompes, comme ça, en allant travailler ! C'est dans tous les magazines, Ville ! Tu n'es qu'un salaud !!"
Ses sanglots redoublèrent. Elle glissa lentement pour s'asseoir, là, sur le sol. Ville resta froid, impassible, silencieux. Que pouvait-il dire ? Elle avait raison...
Zoltan se baissa et mit une main sur l'épaule de Susanna. Elle releva la tête vers Ville : "Tu as couché avec elle, n'est ce pas ? Ville ! Dis moi la vérité.»
Il resta silencieux un instant, puis, brutalement :
"Tu veux la vérité, Susanna ? Oui, j'ai couché avec Kim ! Voilà la vérité !"
La pauvre jeune femme redoubla de pleurs, effondrée. Ville s'éloigna d'eux pour s'asseoir. Zoltan se releva et s'emporta à son tour :
"Tu est content de toi, j'espère ? Tu as toujours traité Susanna comme moins que rien, elle a dû se cacher pour ne pas être vue avec toi, pour ne pas briser ton image de "Ville Valo le séducteur", même la maison de disque voulait la voir disparaître ! Et tu as obéi, ça t'arrangeait bien on dirait ! Et maintenant, tu la trompes avec une fille deux fois plus connue que toi et tu t'arranges pour que la moitié du pays le sache ! Bravo !
_Occupes toi de tes affaires, Zoltan !
_Non, je n'ai pas envie de m'occuper de mes affaires, surtout quand ta copine vient sonner chez moi en larmes ! Tu sais quoi ? Je ne te croyais vraiment pas comme ça, tu me dégoûtes Ville ! Je ne veux même plus travailler avec toi. Je finis cet album et la tournée à venir, et je quitte le groupe !
_Commences déjà par quitter cette pièce !"
Il n'eut d'autre choix que de s'exécuter. Susanna et Zoltan quittèrent l'appartement, annonçant que la jeune femme reviendrait prendre ses affaires plus tard.
Ville resta seul dans son appartement, recroquevillé sur son fauteuil. Son c½ur allait exploser. Six ans, six ans d'amour réduit à néant en une nuit. Pour une erreur, pensait-il. Il s'en voulait de faire souffrir Susanna, d'avoir ruiné ce qu'ils avaient, pour quelque chose qui ne le mènerait peut être nul part. Mais au fond, il avait un souvenir, celui de la nuit passée. Et il l'aimait, ce souvenir. La chaleur de ces deux corps, ces doigts sur sa peau, suivant les contours du motif sur son bras gauche, ces yeux dans les siens, ces lèvres sur les siennes... Ville savait ce qui lui restait à faire. Plus que quelques jours, se dit-il.
***
"Bonjour, j'apporte ceci pour mademoiselle...Manson...Kim." Ce n'était pas très dur à deviner, se dit John, seul une fille comme elle peut recevoir un bouquet de roses rouges aussi énorme de la part d'un quelconque admirateur ou fan. Le batteur porta le bouquet à Kim mais ne prit pas la peine de regarder qui l'envoyait, il s'en alla.
"Ces roses sont magnifiques, qui peut bien t'envoyer ça ? s'exclama sa s½ur.
_J'ai ma petite idée la dessus, répondit Kim.
_Certainement Dan pour se faire pardonner !"
C'était bien ce à quoi pensait Kim avant de lire la carte jointe aux fleurs :
"I'm longing for your touch and I welcome your sweet six six six in my heart...
Retrouve moi à 15 heures, Prince Hotel, Chambre 204."
"_Rose, il faut que je file. Ne m'attends pas..."
Rose ne put protester, Kim s'était déjà précipitée hors de la maison. Elle marchait à travers les rues de L.A, lunettes noires sur les yeux, ne prêtant pas attention à qui la regardait ou pas. L'hôtel n'étant pas très loin de chez elle, Kim se retrouva à débouler dans le hall en quelques minutes. Plusieurs personnes, surtout des hommes, se retournèrent sur son passage. La jeune femme ne pouvait qu'attirer l'attention, vêtue d'une courte veste de velours noir laissant apparaître un corset noir assez serré et une longue jupe noire fendue jusqu'au milieu de la cuisse. Son côté femme fatale déconcerta complètement le jeune réceptionniste quand elle demanda la chambre 204 :
"Tu me la montre cette chambre ou il faut que je me déshabille pour qu'on en finisse ? Arrête de me regarder comme ça !" lança Kim, très irritée.
Honteux, il baissa les yeux et s'exécuta après avoir bafouiller quelques excuses.
Chambre 204. Elle ne prit même pas la peine de toquer, elle poussa la porte directement. Elle dut s'avancer un peu pour voir la silhouette qui se tenait assise au fond de la petite chambre sombre, aux stores fermés laissant passer quelques lueurs orangées. Elle s'appuya contre le mur, les bras croisés, les yeux rivés sur la personne à l'autre bout de la pièce.
"Quel bon vent t'amène ici ?
_Bonne question...
_Je croyais n'être qu'une erreur de plus dans votre vie, Mr Valo.
_Certainement la meilleure erreur que j'ai pu faire...
_Ta petite amie serait contente d'entendre ça.
_Elle m'a quitté, c'est pour cela que je suis ici.
_Oh, le pauvre petit Ville a un chagrin d'amour et a besoin de réconfort ? Va voir ta mère pour ça, et arrête de me prendre pour une idiote."
Ville ne répondit pas. Un long silence s'installa. Kim alluma une cigarette.
"Ne fais pas ça, le détecteur de fumée va se déclencher et tu va être trempée...
_Peut être que ça me calmera, répondit-elle froidement.
_Pourquoi dis tu ça ? Il n'y a aucune raison de s'énerver...
Elle le coupa net : Tu sais très bien pourquoi je dis ça."
La jeune femme s'approcha très prés du chanteur et, lui soufflant sa fumée au visage : "Tu sais très bien que, malgré le fait que tu joues avec moi ouvertement, j'ai envie de te jeter sur ce lit et te faire voir tout ce que je peux faire subir à un homme quand il a le malheur de se retrouver sous moi. De plus, les coups d'un soir ce n'est pas vraiment mon truc. Tout le monde sait que quand j'aime quelque chose, j'en reprends toujours..." Ville vit dans son regard une lueur qu'il n'avait jamais vue encore. Une lueur de perversion, de lubricité...
Il se leva brusquement et plaqua littéralement la jeune femme contre le mur. Elle n'eut pas le temps de le voir arriver et ne se défendit même pas, se contentant de le regarder droit dans les yeux.
"Arrête de me provoquer, Kim..."
Ses yeux bleus étaient toujours fixes, perçant, pénétrant l'âme de Ville qui ne sut résister longtemps.
"Tu sais que j'obtiens toujours ce que je veux. Je parierais presque que tes si beaux cheveux sont tombés car tu étais en manque de moi, ou bien ce passage chez le coiffeur était un acte de désespoir..."
Le jeune homme en eut assez de se faire écraser ainsi par les mots d'une femme à qui il savait ne pas pouvoir résister. Elle continuait à soutenir son regard avant de décider d'aller chercher elle même ce qu'elle voulait. Kim lui donna un baiser fougueux et fit tomber les dernières barrières entre elle et Ville.
Sans ménagement, il la retourna et la colla bien au mur, se tenant très prés, la bloquant. Elle avait jeté sa veste quand Ville passa au corset. Depuis qu'elle avait passé la porte, elle avait toujours eu le dessus, le rabaissant simplement avec ses mots. Maintenant, c'était son tour. Ville se sentit comme puissant, supérieur. Il tenait fermement le laçage. Il pouvait serrer ou desserrer le corset à souhait, il tenait les reines, il dominait à son tour. D'un coup, il le desserra. Mais Kim se retourna, tenant d'une main le corset contre elle et poussa Ville de l'autre.
"Tu t'es assez amusé comme ça. Maintenant, on est chez moi. C'est moi qui prends les choses en mains."
La jeune femme laissa tomber son corset sur le sol et jeta Ville sur le lit, sans lui laisser aucun choix sauf ceux qu'elle imposerait.
Puis, pour la fin de la journée, ils étaient un couple de plus dans un hôtel à avoir mis la pancarte "Ne Pas Déranger".
***
Ce soir là, Kim s'endormit blottie dans les bras de Ville, calme, sereine, comme cela ne lui était pas arrivé depuis si longtemps.
Au petit matin, elle y était encore.
Comme la veille, ils se croyaient encore seuls dans la maison puisque tout était calme. Ses vêtements étant éparpillés un peu partout dans la chambre, Kim ne prit même pas la peine de chercher quelque chose à se mettre. Elle s'enveloppa dans le drap blanc du lit, qui traînait derrière elle quand elle marchait. Ville enfila rapidement un boxer et la suivit vers la cuisine. Quelle ne fut pas leur surprise quand ils tombèrent nez à nez avec la s½ur de Kim. Ils restèrent quelques secondes sur le pas de la porte, horriblement gênés. Rose, elle, était très amusée et surtout ne pouvait s'empêcher de manger Ville des yeux. Il essaya un instant de se dissimuler derrière Kim quand celle ci se rendit compte de la situation :
"Rose !!!! Lança-t-elle
_D'accord, j'ai compris ! Je m'en vais ! C'est toujours les mêmes qui s'amusent ici ! J'ai même pas le droit de jeter un petit coup d'½il...." Rose rangea quelque peu et sortit pour laisser Ville et Kim s'asseoir devant un café.
"Arrête de me regarder comme ça, Ville. Tu vas me couper l'appétit, s'amusa-t-elle.
_Excuse moi, c'est juste que ..... Tu es magnifique, Kim, vraiment..." répondit-il d'une voix un peu hésitante.
Il était si sincère qu'elle ne sut quoi répondre. Elle se contenta de sourire, touchée. La lumière pâle du matin pénétrait par la fenêtre et teintait le drap autour de Kim d'un bleu très léger, à cause de la couleur de la pièce, s'accordant très bien avec ses yeux et sa peau laiteuse et délicate. Le contraste avec ses cheveux d'un noir intense était saisissant.
Quelques minutes plus tard, Ville tenait dans ses bras cette vision qu'il croyait sortie d'un rêve, confortablement installé dans l'un des canapés du salon, allongé, Kim contre lui. Il passait lentement ses doigts dans les longs cheveux de la jeune femme, elle fermait les yeux pour apprécier encore plus ce moment. Tout était calme. Il n'y avait que leur souffle, régulier, qu'ils écoutaient, bercés pas ceux ci.
"Kim ?
_Oui ?
_Tu sais, je n'ai pas beaucoup de temps, je ne vais pas pouvoir rester ici...
Kim se serra encore plus contre Ville, comme pour le retenir.
_Tu vas encore me laisse, c'est ça ? dit elle avec une pointe de tristesse dans la voix
_S'il te plait, viens avec moi à Helsinki..."

